Comprendre les tokens : définition, explication, typologie

Qu'est-ce qu'un token ? A quoi servent les tokens ?

Définition et explication

Un token est un actif numérique pouvant être transféré (et non copié) entre deux parties sur Internet, sans nécessiter l’accord d’un tiers.

Les tokens sont au coeur du mécanisme des ICO (Initial Coin Offering).

Lors d’une ICO, également appelées token sale, des tokens sont émis et vendus en très grand nombre à de multiples internautes-investisseurs (d’où le terme de crowdsale), afin de financer le lancement et le développement d’un projet blockchain. Ces tokens doivent en principe être partie intégrante du fonctionnement et/ou du business model du projet.

En contrepartie des tokens vendus, l’organisation à l’origine de l’ICO reçoit l’argent payé par les internautes sous forme de cryptomonnaie. Cette organisation peut être une entreprise ou une fondation à but non lucratif. Ainsi en 2014 les fondateurs d’Ethereum ont entrepris une ICO dont les fonds (l’équivalent de plus de 18 millions de dollars) sont allés à la fondation Ethereum (à but non lucratif), afin de développer la blockchain éponyme.

Dès lors, les ICO constituent une alternative au financement par capital-risque, grâce à l’émission de ces fameux tokens.

Attention cependant : les tokens ne représentent pas des parts de capital (equity). Ils ne diluent donc pas les parts des actionnaires de l’entreprise. En outre, contrairement à de l’equity, qui peut prendre des années à devenir liquide, un token peut se vendre en 10 minutes (exceptées l’existence de restrictions imposées par les fondateurs du projet). La liquidité des tokens est un atout phare des ICO.

Nature et usages des tokens

Pour schématiser, il est possible de distinguer deux types de tokens :

les tokens liés à des protocoles. Exemples de protocoles : Bitcoin (token éponyme), Ethereum (token : l’ether), Tezos (token : Tez, au pluriel Tezzies)…(comparaison avec Internet : Http est un protocole)

les tokens conçus pour fonctionner dans des applications spécifiques, appelées dApps dans l’univers Ethereum. Les tokens sont alors construits par-dessus un protocole existant. Ils sont parfois appelés App Coins, ou Token Apps. (comparaison avec Internet : Facebook est une application, construite au-dessus de Http).

Un token se distingue d’un titre financier, et donc de la réglementation associée, par le fait qu’il possède une valeur d’usage. Les possibilités d’usages d’un token sont très nombreuses. Entre autres, un token peut représenter un droit (d’usage d’un produit/service ; d’accès ; de vote ; etc.) ; un moyen de paiement ; une réputation (exemple du token d’Augur, marché prédictif décentralisé) ; ou encore, plus globalement une unité de valeur d’échange au sein d’une application ou d’un écosystème donné. Cela ouvre alors la voie à un système économique transactionnel entre acheteurs et vendeurs, où les utilisateurs peuvent gagner des tokens soit de façon active (via une tâche spécifique), soit de façon passive (ex : accepter de monétiser ses données, ou de monétiser son espace de stockage libre comme propose Storj), puis les dépenser dans les services de l’écosystème donné.

Histoire des tokens

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La domination du bitcoin parmi l’ensemble des tokens était quasi-totale jusqu’en 2016. Le bitcoin est devenu minoritaire depuis 2017.

Le premier token de l’histoire, créé en 2009, est le bitcoin, cette monnaie électronique pair-à-pair, ne nécessitant aucun intermédiaire pour être échangé. Bitcoin a résolu un problème fondamental lié au numérique : l’incapacité à transférer de la valeur sur Internet. Lorsqu’un internaute X envoie un film ou une chanson à un internaute Y, il envoie en réalité une copie du fichier, puisqu’il garde lui-même le fichier original. Ce mécanisme pose bien sûr problème lorsqu’il s’agit de valeur monétaire. Avec Bitcoin, si un individu envoie un montant en cryptomonnaie, il ne possède ensuite plus ce montant donné.

D’autres tokens ont ensuite vu le jour dans le sillage de Bitcoin :

  • soit fondés sur les caractéristiques de Bitcoin avec quelques variations dans le protocole. C’est par exemple le cas de Dogecoin, ZCash (plus anonyme que Bitcoin) et bien d’autres. Ces tokens sont nés avec leur propre blockchain : il s’agit donc de tokens fondés sur des chaînes entièrement nouvelles, mais dont le code consiste en un dérivé de Bitcoin.
  • soit reposant sur de nouvelles chaînes elles aussi, mais cette fois-ci avec un code entièrement repensé. L’exemple le plus célèbre est Ethereum, dont le code n’a pas été construit à partir de Bitcoin, et dont les fonctionnalités sont censées permettre un éventail d’applications décentralisées plus vaste. Notons d’ailleurs qu’Ethereum est à l’origine d’une des premières ICO de l’histoire : en 2014, Ethereum a en effet levé l’équivalent de plus de 18 millions de dollars (en émettant 60 millions d’ether échangeable contre des bitcoins). Un exemple plus récent est celui de la blockchain Tezos (232 millions de dollars levés en 2017).
  • soit fondés à la fois sur des chaînes dérivées (fork) d’une blockchain principale, et sur des codes eux aussi dérivés d’un code originel. Les exemples les plus célèbres sont les tokens des blockchains Ethereum Classic et Bitcoin Cash, créés respectivement à la suite de hard forks des blockchains Ethereum (en 2016) et Bitcoin (en 2017).

Comme expliqué précédemment, un tout autre type de tokens s’est également développé en parallèle : il consiste en la création de tokens par-dessus une blockchain existante (qui est le plus souvent Ethereum). Il s’agit alors d’applications décentralisées, et non de protocoles eux-mêmes. Citons ainsi Status ou Basic Attention Token, qui ont levé respectivement l’équivalent de 95 et 35 millions de dollars en 2017 (–> Voir le classement des 10 plus grandes ICO).

Nos études pour approndir :

En quoi les ICO constituent-elles un changement de paradigme ?

➤ 10 points clefs à regarder avant d’investir dans une ICO

Quels risques posés par les ICO (Initial Coin Offering) ?

Créer et lancer son ICO : conseils et bonnes pratiques

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