Lancer son ICO : conseils et bonnes pratiques

Créer et lancer son ICO (Initial Coin Offering)

Conseils et bonnes pratiques pour créer et lancer son ICO (Initial Coin Offering), ou token sale :

Publier un white paper suffisamment étayé

Le white paper est le document que liront en priorité les potentiels acheteurs de tokens. Ils y chercheront plusieurs informations clefs, afin par exemple de comprendre les bénéfices qu’apportera le réseau, les caractéristiques du token, etc. Pour ce white paper, nous conseillons entre autres aux porteurs de projets d’ICO de :

-Présenter le contexte du projet : pourquoi ce projet ? A quels problèmes répond-t-il ?

-Décrire le protocole ou le service, et la façon dont il sera mis en place. Présenter les bases techniques du projet, ainsi que son business model si c’est un service.

-Une fois ces premières étapes faites, il est alors temps d’expliquer la raison d’être du token, le nombre total de tokens qui sera émis, la façon dont ils seront distribués…La plus grande clarté est nécessaire sur ces aspects.

-Présenter l’équipe, et notamment le background des membres fondateurs (au minimum liens vers leurs profils Linkedin) et des développeurs (liens vers leurs profils Github) : face à la prolifération d’ICOs plus ou moins sérieuses, c’est la solidité de l’équipe et la transparence à ce sujet qui permettra de rassurer les acheteurs de tokens.

-Idéalement, faire valider le white paper par un ou plusieurs experts indépendants

Attention cependant : si le white paper doit contenir de nombreuses informations clefs, il doit cependant rester relativement synthétique pour pouvoir être lu. Même si le nombre de pages du document dépend de la complexité du projet, au-dessus de 40 pages il devient nécessaire de s’interroger sur l’utilité pour le lecteur des informations écrites.

S’engager sur un calendrier de développement transparent

Une roadmap claire renforce la confiance des acheteurs de tokens dans le projet – un élément clef à l’heure où prolifèrent les arnaques ou projets peu sérieux, succès des ICO oblige. Cette condition est d’autant plus cruciale dans le cas des ICO destinées à financer des réseaux qui ne sont pas encore actifs : on parle alors de pre-sale. Les acheteurs de tokens doivent pouvoir s’assurer que l’argent obtenu grâce à l’ICO sera utilisé à bon escient, que le réseau sera bel et bien lancé, et donc qu’ils pourront utiliser les tokens achetés comme prévu.

La transparence est donc essentielle pour rassurer les acheteurs de tokens. Il est donc recommandé de décrire le plan de développement du projet suite à l’ICO, de façon aussi détaillée que possible, et y inclure des estimations de temps et de coûts pour chaque étape du projet. Par exemple, suite à l’ICO, il peut être utile de mettre de côté une partie du montant levé pour des actions de sécurité (audits indépendants, bug bounty).

A posteriori, entre le moment de l’ICO et celui du lancement du réseau, il ne faudra pas oublier (ou négliger) d’informer régulièrement les détenteurs de tokens sur l’avancement du projet vis-à-vis de la roadmap annoncée au préalable.

Utiliser une blockchain publique et publier le code dans son ensemble

Les blockchains publiques, grâce à leur transparence, facilitent les audits et aident à empêcher les fraudes. Il est donc recommandé d’utiliser une blockchain ouverte à tous et transparente, ainsi que des logiciels open source, et déconseillé d’utiliser de blockchain privée, ou pour laquelle les développeurs sont les seuls ou principaux validateurs de transactions.

Par ailleurs, il est vivement recommandé de respecter les standards courants comme le ERC20 pour les tokens, et il est conseillé d’effectuer un audit de sécurité indépendant avant le lancement.

Mettre en place un mécanisme transparent et cohérent de vente des tokens

En théorie, il est préférable que les gains issus d’une ICO ne dépassent pas les coûts estimés pour le développement du projet. Dans cette perspective, une ICO devrait donc être « capée » avec un montant maximum à lever. Cette logique est toutefois loin d’être respectée, car de nombreux projets cherchent à lever les montants les plus élevés possibles, indépendamment de leurs besoins réels, participant ainsi à la bulle qui entoure aujourd’hui les ICO. Sur ces questions, il n’existe pas de réponse unique : à chacun de voir en fonction de ses besoins, ses ambitions, son éthique…

De même, les mécanismes de prix qui augmentent avec le temps sont susceptibles de favoriser les comportements irrationnels (Fear of Missing Out) et sont donc sujets à polémique. Néanmoins il est vrai que ces mécanismes favorisent des levées plus conséquentes…Là encore, c’est à vous de voir. Nous reviendrons dans un prochain article sur les possibilités, et avantages et inconvénients, des différentes méthodes possibles.

Régulation : attention à la nature et la présentation de votre token !

Il faut éviter de présenter le token comme une opportunité d’investissement (sauf si vous souhaitez réaliser votre ICO en accord avec les réglementations en matière financière, ce qui implique des contraintes de KYC). Le token doit être promu pour ses fonctionnalités liés au cas d’usage du projet, et non pour ses perspectives spéculatives (accroissement de valeur). C’est pour cette raison que l’utilisation du sigle ICO est parfois contesté et que l’expression ‘token sale’ lui est parfois préférée : ICO peut en effet donner l’impression que ce mécanisme se rapproche d’une IPO, ce qui pose problème en termes de réglementation.

Si votre token offre à ses détenteurs un revenu résiduel, un dividende, attention : il se rapproche de la classe des ‘securities’ et doit alors être conforme à la réglementation en vigueur.

Sinon, il faut faire en sorte que votre token ne risque pas d’être rangé dans la classe des ‘securities’. Pour ce faire, la transparence vis-à-vis des détenteurs de tokens est clef : les disclaimers et disclosures clairs et précis concernant la nature et la fonction du token sont recommandés pour témoigner de votre bonne foi. La SEC (Securities & Exchange Commission) n’ira pas inspecter chaque ICO pour les rappeler à l’ordre, mais pourra cibler les cas d’ICO où la fraude et l’opacité sont manifestes.

Suite à l’ICO, il est conseillé de traiter les détenteurs de tokens comme des participants du projet, ou bien comme des consommateurs qui ont acquis un droit d’utiliser votre produit/service, mais pas comme des investisseurs. Ceux qui ont acheté vos tokens ont pré-acheter un produit/service : ils ne sont pas des investisseurs.

Construire et suivre un plan marketing et de communication adapté

Impossible de réussir une ICO sans plan marketing. Oubliez les vieilles recettes : les grands médias et réseaux sociaux traditionnels ne sont pas adaptés, ou pas suffisants, en matière d’ICO. En lieu et place, il vous faut plutôt développer une stratégie de construction d’une communauté et d’une réputation, grâce à plusieurs initiatives.

–> Voir notre article : Quel plan com & marketing pour votre ICO ?

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