10 points clefs à regarder avant d’investir dans une ICO

Conseils pour investir dans une ICO

L’engouement actuel pour les ICO (Initial Coin Offering) attirent sans surprise un nombre croissant d’individus peu scrupuleux ou insuffisamment sérieux, désireux de profiter de ce mécanisme inédit pour lever plus facilement de l’argent. Pour éviter d’être victimes de scams ou de projets bancals, une checklist des éléments essentiels sur lesquels s’attarder avant d’investir dans une ICO peut s’avérer particulièrement utile.

Lire aussi notre étude : ‘ICO : quels risques pour les investisseurs et les porteurs de projets ?

  1. L’équipe

Il s’agit du point crucial : qui est à la manoeuvre derrière l’ICO en question ? De la réponse à cette question dépendra le degré de confiance qu’il sera possible d’accorder au projet, avant d’aller plus loin dans l’analyse. En premier lieu, les parties prenantes de l’équipe – et en particulier ses membres fondateurs – doivent être affichées publiquement, avec des liens permettant d’aller se renseigner davantage sur chacun. La possibilité de se rendre sur leurs profils Linkedin et Github (pour les profils techniques) est appréciable si ce n’est indispensable pour se faire une meilleure idée de leur expérience.

Ainsi :
-les profils Linkedin, même s’ils ne reposent que sur des informations déclaratives, permettent de voir par exemple où travaillaient jusqu’ici les membres fondateurs du projet. Sont-ils dans l’écosystème blockchain depuis un certain temps ou y sont-ils arrivés très récemment ? Il n’y a rien d’anormal à ce que des ICOs soient lancées par de ‘nouveaux venus’, mais une certaine prudence est légitime dans un contexte de ‘ruée vers l’or’ qui attire de nombreux opportunistes.
-les profils Github permettent de voir quels langages sont maîtrisés par les développeurs, ce qui constitue une autre information intéressante.
-un profil Github très peu actif n’est pas le meilleur signe qui soit s’agissant des développeurs clefs du projet. A l’inverse, un profil actif, et ce depuis un certain temps, inspire plus confiance.
-les comptes Twitter peuvent être intéressants à parcourir pour se rendre compte des centres d’intérêt, points de vue, connexions, des membres fondateurs du projet – et de regarder leur évolution dans le temps. Postent-ils sur les sujets blockchain depuis un certain temps ? Que postent-ils ? Avec qui échangent-ils (publiquement) ? Etc.

Il ne s’agit pas de raisonner de façon rigide sur chacun de ces éléments (l’absence ou la non-activité d’un compte Twitter, par exemple, n’est pas rédhibitoire !), mais la somme de ces vérifications mises bout à bout permet de dresser un tableau d’ensemble qui est, lui, révélateur.

A noter que parfois, des ICO sont portées par des personnalités reconnues de l’écosystème blockchain, ce qui change bien sûr la donne. Ainsi l’ICO du projet EOS (lancée fin juin 2017 et encore en cours, puisqu’elle s’étale sur un an) s’est jusqu’ici avérée être un très grand succès, en large partie grâce à la réputation de Dan Larimer, CTO de Blockone qui gère le projet EOS, et qui avait déjà prouvé sa capacité à créer des projets blockchain convaincants : il était en effet à l’origine de BitShares, valorisé à plusieurs centaines de millions de dollars, et de Steemit. Dans ce type de cas, il est bien sûr plus simple de faire confiance au projet, dès lors qu’un des membres fondateurs a déjà un ‘CV’ reconnu.

Par ailleurs, un critère important de sérieux d’une ICO, bien que difficile à évaluer, réside dans le degré d’implication de ses membres. Une équipe complète, qui coche les bonnes cases, et/ou qui peut compter sur un Advisory Board solide, n’est pas suffisante en soi : elle doit comporter plusieurs membres clefs entièrement impliqués opérationnellement dans le processus de l’ICO.

2. Le rôle du token dans le projet

‘La blockchain est la solution, mais quel était le problème ?’ : de la même façon qu’évaluer un projet blockchain nécessite de se demander s’il répond véritablement à un problème existant, évaluer un projet d’ICO nécessite de vérifier que le token qui sera émis présente une réelle utilité (lire également notre étude : ‘Comprendre les tokens : définition, typologie). A quoi servira-t-il dans le cas d’usage envisagé ? Le projet pourrait-il fonctionner sans ? Il arrive couramment que des projets effectuant des ICO n’aient en réalité pas besoin en soi de créer un nouveau token.

Par ailleurs, il est important de vérifier que le token respecte le standard ERC-20, devenu une norme reconnue.

3. Les modalités de l’ICO elle-même

Comment l’ICO s’effectuera-t-elle concrètement ? La plus grande transparence doit être exigée en la matière, au risque de mauvaises surprises par la suite. Il est ainsi essentiel de savoir le nombre de tokens que l’entreprise prévoit de créer, la façon dont ces tokens seront vendus, etc.

4. La roadmap

C’est un élément essentiel qui concerne aussi bien la transparence du projet que le sérieux du travail de ses membres. Investir dans une ICO nécessite de connaître les étapes qui suivront la levée de fonds, qui doivent être d’ores et déjà planifiées par l’entreprise, et affichées publiquement sur son site, en partie du moins. Une roadmap floue et/ou très peu détaillée peut cacher un manque de vision stratégique…ou le risque d’une arnaque. Par ailleurs, il est important d’essayer d’évaluer la crédibilité de la roadmap et de se méfier des projets qui promettraient monts et merveilles rapidement…

5. L’utilisation de l’argent qui sera levé

Comment l’entreprise compte-t-elle dépenser les fonds levés lors de l’ICO ? Quelle sera la répartition de l’utilisation de cet argent ? Ces informations ne peuvent pas être éludées, et doivent être en accord avec la roadmap.

6. Le code

Il mériterait d’être cité en priorité, et pourtant…il est souvent difficile d’évaluer la solidité du code, y compris pour un initié. Il faut dès lors s’appuyer sur ce que l’on peut, en fonction de son niveau de compréhension technique. Dans tous les cas, il faut bien s’assurer que le code est public, et regarder si un tiers de confiance a audité et validé le code, ce qui est bon signe si ce tiers est réputé (ce qui n’empêche pas toujours, cela dit, certains couacs).

Sans aller jusqu’à étudier le code en détail, ce qui n’est pas à la portée de tous, il est au moins indispensable d’aller regarder le white paper publié par l’équipe du projet. Le white paper est le dossier fondamental d’un projet blockchain, qui en pose les jalons. A ce titre, il se doit d’être très rigoureux et de présenter a minima les bases techniques du projet. Un white paper qui éluderait les problématiques techniques et mettrait en avant voire abuserait de termes clinquants (‘révolution’, voire ‘disruption’…) est clairement un mauvais signe.

7. La liste des ‘advisors’

Les personnalités reconnues et réputées dans la communauté blockchain sont très demandées pour figurer dans les ‘advisory boards’ des projets d’ICO. Le plus souvent, leur présence est un excellent signe – du moins s’agissant des profils techniques. Attention néanmoins : il est arrivé que certains projets affichent des personnalités qui n’avaient en réalité jamais donné leur accord. C’est à la suite d’une affaire de ce type que Vitalik Buterin (fondateur d’Ethereum) a annoncé qu’il n’accepterait plus d’être ‘advisor’ d’ICO. Dès lors, si vous rencontrez une ICO le citant dans son ‘advisory board’, soyez certains qu’il s’agit d’un mensonge.

Qui-plus-est, si la liste de conseillers réputés d’une ICO peut être un très grand plus dans la crédibilité du projet, ce critère ne doit cependant jamais se suffire à lui-même. N’oublions pas, par exemple, que le plus grand fiasco de tous les projets blockchain, TheDAO (victime d’une attaque retentissante en mai 2016, suite à une faille dans son code), comptait plusieurs grandes personnalités d’Ethereum parmi son Advisory Board, censées avoir vérifier la solidité du code…

L’absence d’Advisors ne doit pas non plus être un point bloquant pour ne pas participer à l’ICO. In fine, leur présence doit plutôt être vu comme la cerise sur un gâteau déjà fourni…

8. La communauté entourant le projet

Existe-t-il une communauté dynamique et grandissante, autour du projet en question ? Le Slack du projet, s’il existe, comporte-t-il de nombreux membres actifs – est-il bouillonnant (c’était par exemple le cas de Tezos les semaines précédents son ICO), ou au contraire plutôt endormi ? Ces questions sont importantes à double titre : une forte communauté est d’une part un bon signe sur l’intérêt porté au projet, sur sa capacité à attirer des passionnés, et sur l’ouverture de son équipe, et constitue d’autre part un atout clef pour le lancement de l’ICO et les phases suivantes, lorsqu’il s’agira de construire un effet de réseau suffisamment puissant.

9. La réputation

Que se dit-il sur le projet sur les forums spécialisés (Bitcointalk.org, CryptoFR en France…) sur Reddit, dans les meetups blockchain…? S’il faut prendre garde aux faux commentaires positifs (postés anonymement par l’équipe des projets en question), un tour d’horizon des commentaires sur différents forums et réseaux sociaux permet de se faire une certaine idée des avis généraux – en n’hésitant pas à participer soi-même aux échanges pour être éclairé sur ses questions.

La réputation du projet se mesure également par le nombre d’exchanges (places de marché de cryptomonnaies) ayant décidé de trader le token créé par le projet – c’est-à-dire sur lesquels il est possible lors de l’ICO d’acheter et vendre le token. Les projets inconnus ou jugés farfelus ne sont en effet pas acceptés par tous les exchanges, ce qui permet d’emblée un certain tri. Le nombre d’exchanges ne doit d’ailleurs pas être le seul critère d’évaluation : le mieux est d’aller voir si les principaux exchanges (Kraken, Poloniex…) ont fait le choix de trader le token ou non.

10. Les aspects juridiques

Un projet d’ICO comptant un ou des spécialistes juridiques dans son équipe gagne nettement en sérieux et en crédibilité. A défaut, avoir pu compter sur l’appui d’experts juridiques extérieurs est important.

Les situations sont très hétérogènes suivant les projets, en fonction de leur sérieux, leur ambition, la nature du projet, ou du fonctionnement de leur token…Parfois, certaines ICO ne disposent même pas de Conditions Générales sur leur site !

Disclaimer : cet article ne constitue pas un conseil en investissement, et n’est pas exhaustif. D’autres vérifications peuvent être nécessaires (voir par exemple ICOs : identifier les projets sérieux).

–> Lire également notre étude : ‘Lancer son ICO : conseils et bonnes pratiques

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